26 mars 2011

Evangile au Quotidien

samedi 26 mars 2011
Le samedi de la 2e semaine de Carême

Bse. Maddalena Caterina Morano, religieuse (1847-1908),  St Ludger, évêque (+ 809)



Commentaire du jour
Isaac de l'Étoile : « Rentrant alors en lui-même, il se dit...: ' Ici je meurs de faim. Je vais retourner chez mon père ' »

Les lectures du jour

Michée 7,14-15.18-20.
Le prophète fit cette prière : " Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t'appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu'il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d'autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d'Égypte, tu lui feras voir des merveilles !
Y a-t-il un dieu comme toi ? Tu enlèves le péché, tu pardonnes sa révolte au reste de ton peuple, tu ne t'obstines pas dans ta colère, mais tu prends plaisir à faire grâce.
De nouveau tu nous montres ta tendresse, tu triomphes de nos péchés, tu jettes toutes nos fautes au fond de la mer !
Tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham l'amour que tu as juré à nos pères depuis les jours d'autrefois.


Ps 103(102),1-2.3-4.9-10.11-12.
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse ;

il n'est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés ;



Lc 15,1-3.11-32.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... '
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Isaac de l'Étoile (?-v. 1171), moine cistercien
2ème sermon pour la Toussaint § 13-20 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 84)

« Rentrant alors en lui-même, il se dit...: ' Ici je meurs de faim. Je vais retourner chez mon père ' »

      « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Mt 5,5).
Par cette parole le Seigneur veut nous faire comprendre que le chemin de la
joie, c'est les pleurs. Par la désolation on va à la consolation ; c'est en
perdant sa vie qu'on la trouve, en la rejetant qu'on la possède, en la
haïssant qu'on l'aime, en la méprisant qu'on la garde (cf Lc 9,23s). Si tu
veux te connaître toi-même et te maîtriser, entre en toi-même et ne te
cherche pas au-dehors... Rentre donc en toi-même, pécheur, rentre là où tu
existes vraiment : en ton cœur. A l'extérieur, tu es un animal, à l'image
du monde...; au-dedans, tu es un homme, à l'image de Dieu (Gn 1,26), et
donc capable d'être déifié.

      C'est pourquoi, frères, l'homme qui rentre en lui-même, ne se
découvrira-t-il pas au loin, comme le fils prodigue, dans une région de
dissemblance, dans une terre étrangère, où il s'assied et pleure au
souvenir de son père et de sa patrie ?... « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9)
Peut-être encore dans l'ombre pour ne pas te voir toi-même : tu couds
ensemble des feuilles de vanité pour couvrir ta honte (Gn 3,7), regardant
ce qui est autour de toi et ce qui est à toi, car tes yeux sont grand
ouverts sur de telles choses. Mais regarde au-dedans, regarde-toi : c'est
là que se trouve le plus grand sujet de honte...

      Il est évident, frères : nous vivons en dehors de nous-mêmes... C'est
pourquoi la Sagesse a toujours à cœur d'inviter à la maison du deuil plutôt
qu'à la maison du banquet (Eccl 7,3), c'est-à-dire de rappeler en lui-même
l'homme qui était au-dehors de lui-même, en disant : « Bienheureux ceux qui
pleurent » et dans un autre passage : « Malheur à vous qui riez maintenant
» (Lc 6,25)... Mes frères, gémissons en présence du Seigneur : que sa bonté
le porte à nous pardonner... Bienheureux ceux qui pleurent, non parce
qu'ils pleurent, mais parce qu'ils seront consolés. Les pleurs sont le
chemin ; la consolation c'est la béatitude.




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