Evangile au Quotidien
dimanche 04 février 2007
Cinquième dimanche du temps ordinaire
Ste Jeanne de Valois, reine et fondatrice (+ 1505), Sainte Véronique
Commentaire du jour
Saint Augustin : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras »
Les lectures du jour
Is 6,1-2.3-8.
L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un
trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes :
deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux
pour voler.
Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu
de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait,
et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux
lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes
yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! »
L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait
pris avec des pinces sur l'autel.
Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et
maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui
sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager :
envoie-moi. »
Ps 138(137),1-5.7-8.
De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles
de ma bouche. Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne. Je rends grâce à ton nom pour ton
amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force.
Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles
de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur : « Qu'elle est grande, la gloire du
Seigneur ! »
Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, ta main s'abat sur
mes ennemis en colère. Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête
pas l'oeuvre de tes mains.
1 Co 15,1-11.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet
Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés,
vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ;
autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ
est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour
conformément aux Écritures,
et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart
sont encore vivants, et quelques-uns sont morts -
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être
appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il
m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous
les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec
moi.
Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà
votre foi.
Lc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se
pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient
descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda
de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il
enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez
les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien
prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs
filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider.
Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles
enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur,
éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant
la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à
Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.
»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le
suivirent.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 43, 5-6 ; CCL 41, 510-511 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 396 rev.)
« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras »
Qu'elle est grande la bonté du Christ ! Pierre a été pêcheur, et
maintenant un orateur mérite un grand éloge s'il est capable de comprendre
ce pêcheur. Voilà pourquoi l'apôtre Paul dit en s'adressant aux premiers
chrétiens : « Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien :
parmi vous il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens
puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de faible dans
le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages...
Ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien,
voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose » (1Co
1,26-28).
Car si le Christ avait choisi en premier lieu un orateur, l'orateur
aurait pu dire : « J'ai été choisi pour mon éloquence ». S'il avait choisi
un sénateur, le sénateur aurait pu dire : « J'ai été choisi à cause de mon
rang ». Enfin, s'il avait choisi un empereur, l'empereur aurait pu dire : «
J'ai été choisi en raison de mon pouvoir ». Que ces gens-là se taisent,
qu'ils attendent un peu, qu'ils se tiennent tranquilles. Ils ne seront pas
oubliés ni rejetés ; qu'ils attendent un peu, parce qu'ils pourraient se
glorifier de ce qu'ils sont en eux-mêmes.
« Donne-moi, dit le Christ, ce pêcheur, donne-moi cet homme simple et
sans instruction, donne-moi celui avec qui le sénateur ne daigne pas
parler, même quand il lui achète un poisson. Oui, donne-moi cet homme.
Lorsque je l'aurai rempli, on verra clairement que c'est moi seul qui agis.
Certes, j'accomplirai aussi mon oeuvre dans le sénateur, l'orateur et
l'empereur..., mais mon action sera plus évidente dans le pêcheur. Le
sénateur, l'orateur et l'empereur peuvent se glorifier de ce qu'ils sont :
le pêcheur, uniquement du Christ. Que le pêcheur vienne leur enseigner
l'humilité qui procure le salut. Que le pêcheur passe en premier. »
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