Evangile au Quotidien
samedi 10 mars 2007
Le samedi de la 2e semaine de Carême
St Macaire de Jérusalem, évêque (+ 334)
Commentaire du jour
Saint Macaire : Le retour du fils prodigue
Les lectures du jour
Michée 7,14-15.18-20.
Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui
t'appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu'il
retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d'autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d'Égypte, tu lui feras voir des merveilles !
Y a-t-il un dieu comme toi ?Tu enlèves le péché, tu pardonnes sa révolte au
reste de ton peuple, tu ne t'obstines pas dans ta colère, mais tu prends
plaisir à faire grâce.
De nouveau tu nous montres ta tendresse, tu triomphes de nos péchés, tu
jettes toutes nos fautes au fond de la mer !
Tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham l'amour que tu as juré à nos
pères depuis les jours d'autrefois.
Ps 103(102),1-2.3-4.9-10.11-12.
Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !
Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse ;
il n'est pas pour toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses
reproches ;
il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos
offenses.
Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu'est l'orient de l'occident, il met loin de nous nos péchés ;
Lc 15,1-3.11-32.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait
bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me
revient.' Et le père fit le partage de ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit
pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de
désordre.
Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et
il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs
garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient
les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en
abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre
le ciel et contre toi.
Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes
ouvriers.'
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son
père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le
couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne
mérite plus d'être appelé ton fils...'
Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement
pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était
perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la
maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué
le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.'
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui
était sorti, le suppliait.
Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans
avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec
des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !'
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce
qui est à moi est à toi.
Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était
mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Macaire (?-405), moine en Égypte
Homélie 16 de la 3e collection (trad. SC 275, p.207)
Le retour du fils prodigue
Approchons-nous du Seigneur, de la porte spirituelle, et frappons
pour qu'il nous ouvre. Demandons à le recevoir lui-même, lui le pain de la
vie (Jn 6,34). Disons-lui : « Donne-moi, Seigneur, le pain de la vie afin
que je vive, car je vais à ma perte, tenaillé par la famine du péché.
Donne-moi le vêtement lumineux du salut afin que je cache la honte de mon
âme, car je suis nu, privé de la puissance de ton Esprit et honteux de
l'indécence de mes passions » (Gn 3,10).
Et s'il te dit : « Tu avais un vêtement, qu'en as-tu fait ? »
réponds-lui : « Je me suis heurté à des brigands, ils m'ont dépouillé et
laissé à demi-mort, puis ils m'ont dévêtu et me l'ont pris (Lc 10,30s).
Donne-moi des sandales spirituelles, car les pieds de mon esprit sont
transpercés par les épines et les chardons (Gn 3,18) ; j'erre dans le
désert et je ne peux plus avancer. Donne la vue à mon coeur, afin que je
voie de nouveau ; ouvre les yeux de mon coeur, car mes ennemis invisibles
m'ont aveuglé en me recouvrant du voile de la ténèbre, et je ne peux plus
contempler ton visage céleste et tant désiré. Donne-moi l'ouïe spirituelle,
car mon intelligence est sourde et je ne peux plus entendre tes entretiens
si doux et agréables. Donne-moi l'huile d'allégresse (Ps 44,8) et le vin de
la joie spirituelle, pour que je l'applique sur mes blessures et puisse
reprendre vie. Guéris-moi et rends-moi la santé car mes ennemis, de
redoutables brigands, m'ont laissé étendu à demi-mort ».
Heureuse l'âme qui supplie avec persévérance et foi, comme indigente
et blessée, parce qu'elle recevra ce qu'elle demande ; elle obtiendra la
guérison et le remède éternels et elle sera vengée de ses ennemis, les
passions du péché.
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