24 juin 2007

Evangile au Quotidien

dimanche 24 juin 2007
Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

Nativité de saint Jean-Baptiste (1er s.)



Commentaire du jour
Saint Augustin : « Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30)

Les lectures du jour

Is 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J'étais
encore dans le sein maternel quand le Seigneur m'a appelé ; j'étais encore
dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m'a protégé par l'ombre de
sa main ; il a fait de moi sa flèche préférée, il m'a serré dans son
carquois.
Il m'a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. »
Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c'est pour le néant,
c'est en pure perte que j'ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit
subsistait aux yeux du Seigneur, ma récompense auprès de mon Dieu.
Maintenant le Seigneur parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour
que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble
Israël. Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma
force.
Il parle ainsi : «C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les
tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la
lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de
la terre.»


Ps 139(138),1-3.13-15.
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes
pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers.
C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis :
étonnantes sont tes oeuvres toute mon âme le sait.
Mes os n'étaient pas cachés pour toi quand j'étais façonné dans le secret,
modelé aux entrailles de la terre.


Act. 13,22-26.
Après l'avoir rejeté, Dieu a suscité David pour le faire roi, et il lui a
rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, c'est un homme
selon mon coeur ; il accomplira toutes mes volontés.
Et, comme il l'avait promis, Dieu a fait sortir de sa descendance un
sauveur pour Israël : c'est Jésus,
dont Jean Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un baptême de
conversion pour tout le peuple d'Israël.
Au moment d'achever sa route, Jean disait : 'Celui auquel vous pensez, ce
n'est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne
de lui défaire ses sandales.'
Fils de la race d'Abraham, et vous qui adorez notre Dieu, frères, c'est à
nous tous que ce message de salut a été envoyé.


Lc 1,57-66.80.
Quand arriva le moment où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un
fils.
Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa
miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant. Ils
voulaient le nommer Zacharie comme son père.
Mais sa mère déclara : « Non, il s'appellera Jean. »
On lui répondit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler.
Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Son nom est Jean.
» Et tout le monde en fut étonné.
A l'instant même, sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il
bénissait Dieu.
La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de
Judée on racontait tous ces événements.
Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés et disaient : « Que sera
donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.
L'enfant grandit et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert
jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon pour la naissance de Jean Baptiste ; Mai 109 ; PLS II, 497 (trad. Quéré in L'Année en fêtes, Migne 2000, p. 507 rev.)

« Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30)

      La naissance de Jean et celle de Jésus, puis leurs Passions, ont
marqué leur différence. Car Jean naît lorsque le jour commence à diminuer ;
le Christ, lorsque le jour se met à croître. La diminution du jour pour
l'un est le symbole de sa mort violente. Son accroissement pour l'autre,
l'exaltation de la croix.

      Il y a aussi un sens secret que le Seigneur révèle…par rapport à ce
mot de Jean sur Jésus Christ : « Il faut qu'il croisse et que moi je
diminue ». Toute la justice humaine…avait été consommée en Jean ; de lui la
Vérité disait : « Parmi les enfants des femmes, il n'en est point surgi de
plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11). Nul homme, donc, n'aurait pu le
dépasser ; mais il n'était qu'un homme. Or, en notre grâce chrétienne, on
nous demande de ne pas nous glorifier dans l'homme, mais « si quelqu'un se
glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur » (2Co 10,17) : homme, en son
Dieu ; serviteur, en son maître. C'est pour cette raison que Jean s'écrie :
« Il faut qu'il croisse et que moi je diminue. » Bien sûr Dieu n'est ni
diminué ni augmenté en soi, mais chez les hommes, au fur et à mesure que
progresse la vraie ferveur, la grâce divine croît et la puissance humaine
diminue, jusqu'à ce que parvienne à son achèvement la demeure de Dieu, qui
est en tous les membres du Christ, et où toute tyrannie, toute autorité,
toute puissance sont mortes, et où Dieu est tout en tous (Col 3,11).

      Jean l'évangéliste dit : « Il y avait la vraie lumière, qui éclaire
tout homme venant en ce monde » (1,9) ; Jean-Baptiste, lui, dit : « Nous
avons tous reçu de sa plénitude » (Jn 1,16). Lorsque la lumière, qui est en
elle-même toujours totale, s'accroît néanmoins en celui qui en est
illuminé, celui-là est diminué en lui-même lorsque s'abolit en lui ce qui
était sans Dieu. Car l'homme, sans Dieu, ne peut rien que pécher, et sa
puissance humaine diminue lorsque triomphe la grâce divine, destructrice du
péché. La faiblesse de la créature cède à la puissance du Créateur et la
vanité de nos affections égoïstes s'effondre devant l'universel amour,
tandis que Jean Baptiste du fond de notre détresse, nous crie la
miséricorde de Jésus Christ : « Il faut que lui grandisse et que moi je
diminue ».




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