05 mars 2010

Evangile au Quotidien

vendredi 05 mars 2010
Le vendredi de la 2e semaine de Carême

St Jean-Joseph de la Croix, o.f.m. (+ 1734)



Commentaire du jour
Saint Bernard : Le mystère de la vigne de Dieu

Les lectures du jour

Gn 37,3-4.12-13.17-28.
Jacob aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu'il était le
fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.
En voyant qu'il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester
celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui dire que des paroles hostiles.
Ils étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père.
Celui-ci dit à Joseph : « Tes frères gardent le troupeau à Sichem : je vais
t'envoyer là-bas. »
Joseph partit rejoindre ses frères qui se trouvaient alors à Dotane.
Ils l'aperçurent de loin et, avant qu'il arrive près d'eux, ils
complotèrent de le faire mourir.
Ils se dirent l'un à l'autre : « Voilà l'homme aux songes qui arrive !
C'est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes.
Nous raconterons qu'une bête féroce l'a dévoré, et on verra ce que
voulaient dire ses songes ! »
Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit
: « Ne touchons pas à sa vie. »
Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du
désert, mais sans le frapper. » Il voulait le sauver de leurs mains et le
ramener à son père.
Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de la tunique
précieuse qu'il portait,
ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et
sans eau.
Ils s'assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une
caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés
d'aromates, de baume et de myrrhe qu'ils allaient livrer en Égypte.
Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
et à dissimuler sa mort ?
Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il
est du même sang que nous, c'est notre frère. » Les autres l'écoutèrent.
Quand la caravane arriva, ils retirèrent Joseph de la citerne, ils le
vendirent pour vingt pièces d'argent aux Ismaélites, et ceux-ci
l'emmenèrent en Égypte.


Ps 105(104),16-17.18-19.20-21.
Il appela sur le pays la famine, le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme, Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves, on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur, jusqu'au jour où s'accomplit sa
prédiction.
Le roi ordonne qu'il soit relâché, le maître des peuples, qu'il soit
libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison, le maître de tous ses biens,


Mt 21,33-43.45-46.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez cette
parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne,
l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde.
Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage
Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des
vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent
l'autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que
les premiers ; mais ils furent traités de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon
fils. '
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier
: allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ! '
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons
? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il
donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le
produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre
qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là
l'oeuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux !
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné
à un peuple qui lui fera produire son fruit.
Les chefs des prêtres et les pharisiens, en entendant ces paraboles,
avaient bien compris que Jésus parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur de la foule, parce qu'elle
le tenait pour un prophète.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 30 sur le Cantique des Cantiques (trad. Beguin, Seuil 1953, p. 362 rev.)

Le mystère de la vigne de Dieu

      Frères, si nous voyons dans la vigne du Seigneur l'Église, ce n'est
pas une mince prérogative de l'Église que d'avoir étendu ses limites sur
toute la terre...

      J'entends par là cette foule des premiers croyants dont il est dit «
qu'ils n'étaient tous ensemble qu'un coeur et qu'une âme » (Ac 4,32)... Car
la persécution ne l'a pas si brutalement déracinée quelle n'ait pu être
replantée ailleurs et louée à d'autres vignerons, qui, la saison venue, lui
ont fait porter des fruits. Elle n'a pas péri, elle a changé de sol ;
mieux, elle y a gagné en force ainsi qu'en étendue, comme la vigne bénie du
Seigneur. Frères, levez donc les yeux, et vous verrez « que son ombre a
couvert les collines, que ses pampres sont des cèdres de Dieu, qu'elle a
étendu ses sarments jusqu'à la mer et ses rejetons jusqu'au fleuve » (Ps
79,11-12).

      Ce n'est pas surprenant : elle est l'édifice de Dieu, le champ de
Dieu (1Co 3,9). C'est lui qui la féconde, qui la propage, la taille et
l'émonde, afin qu'elle produise davantage. Il ne va pas laisser sans soins
une vigne que sa main droite a plantée (Ps 79,15) ; il ne va pas abandonner
une vigne dont les pampres sont les apôtres, dont le cep est Jésus Christ,
et dont lui, le Père, est le vigneron (Jn 15,1-5). Plantée dans la foi,
elle plonge ses racines dans la charité ; labourée par l'obéissance,
fertilisée des larmes du repentir, arrosée par la parole des prédicateurs,
elle regorge d'un vin qui inspire la joie et non l'inconduite, vin de toute
douceur, qui réjouit vraiment le coeur de l'homme (Ps 103,15)... Fille de
Sion, console-toi en contemplant ce grand mystère ; ne pleure pas ! Ouvre
ton coeur pour accueillir toutes les nations de la terre !




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