Evangile au Quotidien
lundi 10 mars 2008
Le lundi de la 5e semaine de Carême
St Macaire de Jérusalem, évêque (+ 334)
Commentaire du jour
Jean-Paul II : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre »
Les lectures du jour
Dn 13,1-9.15-17.19-30.33-62.
Il y avait un habitant de Babylone qui se nommait Yoakim.
Il avait épousé une femme nommée Suzanne, fille d'Helkias. Elle était très
belle et respectait le Seigneur.
Ses parents étaient des justes, et ils avaient élevé leur fille dans la loi
de Moïse.
Yoakim était très riche, et il possédait un parc auprès de sa maison ; les
Juifs affluaient chez lui, car il était le plus illustre d'entre eux.
Deux anciens avaient été désignés dans le peuple pour être juges cette
année-là ; ils étaient de ceux dont le Seigneur a dit : Le crime est venu
de Babylone par des anciens, par des juges qui prétendaient guider le
peuple.
Ils fréquentaient la maison de Yoakim, et tous ceux qui avaient des procès
venaient les trouver.
Lorsque le peuple s'était retiré, vers midi, Suzanne entrait dans le parc
de son mari, et s'y promenait.
Les deux anciens la voyaient chaque jour entrer et se promener, et ils se
mirent à la désirer :
ils faussèrent leur jugement, ils détournèrent leurs yeux pour ne plus
regarder vers le ciel et ne plus se rappeler ses justes décrets.
Ils guettaient le jour favorable, lorsque Suzanne entra dans le jardin,
comme la veille et l'avant-veille, accompagnée seulement de deux jeunes
filles ; il faisait très chaud, et elle eut envie de prendre un bain dans
le parc.
Il n'y avait personne, en dehors des deux anciens qui s'étaient cachés et
qui l'épiaient.
Suzanne dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de quoi me parfumer et me
laver, puis fermez les portes du parc, pour que je puisse prendre mon bain.
»
Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux anciens surgirent,
coururent vers Suzanne et lui dirent :
« Les portes du parc sont fermées, on ne nous voit pas ; nous te désirons,
sois consentante et viens avec nous.
Autrement nous porterons contre toi ce témoignage : il y avait un jeune
homme avec toi, et c'est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »
Suzanne dit en gémissant : « De tous côtés, je suis prise au piège : si je
vous cède, c'est la mort pour moi ; et si je refuse de céder, je
n'échapperai pas à vos mains.
Mais je préfère tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de
pécher aux yeux du Seigneur. »
Alors Suzanne poussa un grand cri, et les deux anciens se mirent à crier
contre elle.
L'un d'eux courut ouvrir les portes du parc.
Les gens de la maison, entendant crier dans le parc, se précipitèrent par
la porte de service pour voir ce qui arrivait à Suzanne.
Quand les anciens eurent raconté leur histoire, les serviteurs furent
remplis de honte, car jamais on n'avait dit pareille chose de Suzanne.
Le lendemain, le peuple se rassembla chez Yoakim son mari. Les deux anciens
arrivèrent, remplis de pensées criminelles contre Suzanne, et décidés à la
faire mourir.
Ils dirent devant le peuple : « Envoyez chercher Suzanne, fille d'Helkias,
épouse de Yoakim. » On l'appela aussitôt.
Elle se présenta avec ses parents, ses enfants et tous ses proches.
Tous les siens pleuraient, ainsi que tous ceux qui la voyaient.
Les deux anciens se levèrent au milieu du peuple, et posèrent les mains sur
sa tête.
Tout en pleurs, elle leva les yeux vers le ciel, car son coeur était plein
de confiance dans le Seigneur.
Les anciens déclarèrent : « Comme nous nous promenions seuls dans le parc,
cette femme y est entrée avec deux servantes. Elle a fermé les portes et
renvoyé les servantes.
Alors un jeune homme qui était caché est venu vers elle, et a péché avec
elle.
Nous étions dans un angle du parc, nous avons vu le crime, et nous avons
couru vers eux.
Nous avons vu qu'ils étaient ensemble, mais nous n'avons pas pu nous
emparer du jeune homme, car il était plus fort que nous : il a ouvert la
porte et il s'est échappé.
Mais elle, nous l'avons appréhendée, et nous lui avons demandé qui était ce
jeune homme ;
elle n'a pas voulu nous le dire. De tout cela, nous sommes témoins. »
L'assemblée les crut, car c'étaient des anciens du peuple et des juges, et
Suzanne fut condamnée à mort.
Alors elle cria d'une voix forte : « Dieu éternel, toi qui pénètres les
secrets, toi qui connais toutes choses avant qu'elles n'arrivent,
tu sais qu'ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais
mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé
contre moi. »
Le Seigneur entendit sa voix.
Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l'esprit de sainteté chez un
tout jeune garçon nommé Daniel,
qui se mit à crier d'une voix forte : « Je suis innocent de la mort de
cette femme ! »
Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette
parole que tu as prononcée ? »
Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Vous êtes donc fous,
fils d'Israël ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez
condamné une fille d'Israël.
Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux
témoignage. »
Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel
: « Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications, car Dieu
a déjà fait de toi un Ancien. »
Et Daniel leur dit : « Séparez-les l'un de l'autre, je vais les interroger.
»
Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit : « Toi qui
as vieilli dans le mal, tu portes maintenant le poids des péchés que tu as
commis autrefois en jugeant injustement :
tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables, alors que le
Seigneur a dit : Tu ne feras pas mourir l'innocent et le juste.
Eh bien ! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous sous quel arbre tu
les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il répondit : « Sous un sycomore. »
Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne : l'ange de Dieu
a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort.
Daniel le renvoya, fit amener l'autre et lui dit : « Tu es de la race de
Canaan et non de Juda ! La beauté t'a dévoyé et le désir a perverti ton
coeur.
C'est ainsi que vous traitiez les filles d'Israël, et, par crainte, elles
se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n'a pu consentir à votre crime.
Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il
répondit : « Sous un châtaignier. »
Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne :
l'ange de Dieu attend, l'épée à la main, pour te châtier, et vous faire
exterminer. »
Alors toute l'assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve
ceux qui espèrent en lui.
Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus
de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse,
on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur
prochain :
on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.
Ps 23(22),1-3.3-4.5.6.
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux
tranquilles
et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de
son nom.
et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de
son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es
avec moi : ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur
ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la
maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
Jn 8,1-11.
Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ;
de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il
s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en
train de commettre l'adultère. Ils la font avancer,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit
d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi,
qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser.
Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui
d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la
pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en
commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de
lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne
ne t'a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus,
je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Jean-Paul II
Mulieris dignitatem, ch. 5 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)
« Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre »
Le Christ est celui qui « sait ce qu'il y a dans l'homme » (Jn 2,25),
dans l'homme et la femme. Il connaît la dignité de l'homme, sa valeur aux
yeux de Dieu. Par son être même, le Christ confirme pour toujours cette
valeur. Tout ce qu'il dit et tout ce qu'il fait a son accomplissement
définitif dans le mystère pascal de la rédemption. L'attitude de Jésus à
l'égard des femmes rencontrées sur son chemin au cours de son ministère
messianique est le reflet du dessein éternel de Dieu qui, en créant chacune
d'elles, la choisit et l'aime dans le Christ (cf Ep 1,1-5)... Jésus de
Nazareth confirme cette dignité, il la rappelle, la renouvelle, en fait une
composante du message de l'Evangile et de la rédemption pour lequel il est
envoyé dans le monde...
Jésus entre dans la situation historique concrète de ces femmes,
situation grevée par l'héritage du péché. Cet héritage se traduit notamment
par l'habitude de discriminer la femme à l'avantage de l'homme, et elle en
est marquée. A ce point de vue, l'épisode de la femme surprise en adultère
paraît d'une éloquence particulière. A la fin, Jésus lui dit : « Ne pèche
plus », mais auparavant il éveille la conscience du péché chez les hommes
qui l'accusent... Jésus semble dire aux accusateurs : cette femme avec tout
son péché ne fait-elle pas apparaître aussi et surtout vos propres
transgressions, votre injustice masculine, vos abus ?
Il y a là une vérité qui vaut pour tout le genre humain... Une femme
est laissée seule, elle est exposée à l'opinion publique avec « son péché
», alors que derrière son péché à elle se cache un homme pécheur, coupable
du péché d'autrui, co-responsable de ce péché. Et pourtant, son péché à lui
ne retient pas l'attention, il est passé sous silence... Que de fois la
femme ne paie-t-elle pas seule de cette façon ?... Que de fois ne
demeure-t-elle pas abandonnée avec sa maternité, quand l'homme, le père de
l'enfant, ne veut pas en accepter la responsabilité ? Et à côté des
nombreuses mères célibataires dans notre société, il faut penser aussi à
toutes celles qui, très souvent, sous diverses pressions, même de la part
de l'homme coupable, « se libèrent » de l'enfant avant la naissance. Elles
« se libèrent », mais à quel prix ?
Gérez votre abonnement directement à cette adresse : www.levangileauquotidien.org
--------------------------------------------
* Féconde Mère du Rédempteur, vous qui êtes la Porte du ciel sans cesse
ouverte et l'Etoile de la mer, secourez ce peuple qui tombe, mais qui
désire se relever. Au grand étonnement de la nature, vous avez donné
naissance à votre divin Auteur. Vierge dans la conception, Vierge après
l'enfantement, vous à qui Gabriel adresse le salut, daignez prendre pitié
des pauvres pécheurs.
* Le financement du fonctionnement et du développement dans de nouvelles
langues de l'Evangile au Quotidien n'est assuré que par votre soutien
généreux. Vous pouvez adresser votre contribution soit à l'adresse
ci-dessous, soit directement en ligne depuis le site. Merci.
--------------------------------------------
L'Evangile au Quotidien, 4 Quai KOCH - 67000 STRASBOURG - FRANCE
--------------------------------------------

<< Home