Evangile au Quotidien
vendredi 27 mars 2009
Le vendredi de la 4e semaine de Carême
St Habib d'Urfa, diacre (+ 322), Saint Isidore, docteur de l'Eglise (560-639)
Commentaire du jour
Saint Jean de la Croix : « On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui »
Les lectures du jour
Sg 2,1.12-22.
Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en
eux-mêmes : « Notre existence est brève et triste, rien ne peut guérir
l'homme au terme de sa vie, on n'a jamais vu personne revenir du séjour des
morts.
Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre
conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse
d'abandonner nos traditions.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et s'intitule fils du
Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa simple présence nous pèse ;
car son genre de vie s'oppose à celui des autres, sa conduite est étrange.
Il nous regarde comme des gens douteux, se détourne de nos chemins comme
s'il craignait de se salir. Il proclame bienheureux le sort final des
justes, il se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira.
Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses
adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut
sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur
lui. »
C'est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s'égarent ; leur
méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la
sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme
irréprochable puisse être glorifiée.
Ps 34(33),17-18.19-20.21.23.
Le Seigneur affronte les méchants pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les
délivre.
Il est proche du coeur brisé, il sauve l'esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste, mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os : pas un ne sera brisé.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en
lui son refuge.
Jn 7,2.10.14.25-30.
La fête juive des Tentes approchait.
Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y
monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au
Temple et se mit à enseigner.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on
cherche à faire mourir ?
Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du
peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ?
Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne
ne saura d'où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et
vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui
m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a
envoyé. »
On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que
son heure n'était pas encore venue.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour
Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l'Église
Le Cantique spirituel, strophe 1 (trad. OC, Cerf 1990, p. 1218)
« On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui »
Où t'es-tu caché, Bien-Aimé,Me laissant toute gémissante ?Comme
le cerf tu t'es enfui,M'ayant blessée ; mais à ta suite,En
criant, je sortis. Hélas, vaine poursuite ! « Où t'es-tu
caché ? » C'est comme si l'âme disait : « Verbe, mon Époux, montre-moi le
lieu de ta retraite. » Ce qui équivaut à lui demander la manifestation de
sa divine essence, car « le lieu de la retraite du Fils de Dieu », nous dit
saint Jean, « c'est le sein du Père » (Jn 1,18), ou en d'autres termes,
c'est la divine essence, invisible à tout regard mortel, impénétrable à
tout entendement humain. Isaïe, s'adressant à Dieu, lui dit : « Vraiment tu
es un Dieu caché » (Is 45,15). C'est pourquoi,
remarquons-le bien, si intimes que soient les communications, si sublime
que puisse être la connaissance qu'une âme reçoit de Dieu en cette vie, ce
qu'elle perçoit n'est pas l'essence de Dieu et n'a rien de commun avec lui.
En réalité, Dieu reste toujours caché à notre âme. Quelles que soient les
merveilles qui lui sont dévoilées, elle doit toujours le regarder comme
caché et le chercher dans sa retraite, en disant : « Où t'es-tu caché ? »
En effet, ni la communication sublime, ni la présence sensible, n'est un
signe assuré de la favorable présence de Dieu dans une âme, pas plus que la
sécheresse et la privation de toute faveur de ce genre n'est un indice de
son absence. C'est ce que nous dit le prophète Job : « S'il vient à moi, je
ne le verrai pas, et s'il se retire, je ne m'en apercevrai pas » (Jb
9,11). De cela nous devons tirer l'enseignement suivant.
Une âme est-elle favorisée de hautes communications, de connaissances et de
sentiments spirituels, elle ne doit nullement se persuader qu'elle possède
Dieu ou qu'elle en a la vue claire et essentielle, ni qu'à cause de ces
dons elle a Dieu davantage ou a pénétré plus avant en lui. De même, toutes
ces communications sensibles et spirituelles viennent-elles à lui manquer,
la laissant dans l'aridité, les ténèbres et l'abandon, elle ne doit
nullement penser que dans cet état Dieu lui manque... Le but principal de
l'âme dans ce vers du poème n'est donc pas de demander la dévotion
affectueuse et sensible, qui ne donne ni certitude ni évidence de la
possession de l'Époux en cette vie : elle réclame la présence et la claire
vision de son essence, dont elle veut jouir d'une manière assurée dans
l'autre vie.
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