04 avril 2009

Evangile au Quotidien

samedi 04 avril 2009
Le samedi de la 5e semaine de Carême

Saint Isidore, évêque et docteur de l'Eglise



Commentaire du jour
Rupert de Deutz : « Afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés »

Les lectures du jour

Ezéc. 37,21-28.
Tu diras aux gens de ton peuple : Ainsi parle le Seigneur Dieu : J'irai
prendre les fils d'Israël parmi les nations où ils sont allés. Je vais les
rassembler de partout et les ramener sur leur terre.
J'en ferai une seule nation dans le pays, sur les montagnes d'Israël. Ils
n'auront tous qu'un seul roi ; ils ne formeront plus deux nations ; ils ne
seront plus divisés en deux royaumes.
Ils ne vont plus se souiller avec leurs idoles et leurs horreurs, avec
toutes leurs révoltes. Je les sauverai en les retirant des lieux où ils ont
péché, je les purifierai. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu.
Mon serviteur David régnera sur eux ; ils n'auront tous qu'un seul berger ;
ils obéiront à mes décrets, ils observeront fidèlement mes commandements.
Ils habiteront le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, le pays que
leurs pères ont habité. Ils l'habiteront, eux-mêmes et leurs enfants, et
les enfants de leurs enfants, pour toujours. David, mon serviteur, sera
leur prince pour toujours.
Je conclurai avec eux une Alliance de paix, une Alliance éternelle. Je les
rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux
pour toujours.
Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
Alors les nations sauront que je suis le Seigneur, celui qui sanctifie
Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d'eux pour toujours. »


Jér. 31,10.11-12.13.
Écoutez, nations, la parole du Seigneur, annoncez-la dans les îles
lointaines : celui qui disperse Israël le rassemblera et le gardera, comme
un berger son troupeau.
Car le Seigneur a racheté Jacob, l'a délivré de la main d'un plus fort.
Ils viendront, hurlant de joie, au mont Sion, ils afflueront vers les biens
du Seigneur.
Et la jeune fille prend plaisir à la danse, jeunes et vieux sont dans la
joie ; je vais changer leur affliction en allégresse, les consoler, les
réjouir après leur peine.


Jn 11,45-57.
Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce
que faisait Jésus, crurent en lui.
Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce
qu'il avait fait.
Les chefs des prêtres et les pharisiens convoquèrent donc le grand conseil
; ils disaient : « Qu'allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand
nombre de signes.
Si nous continuons à le laisser agir, tout le monde va croire en lui, et
les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »
Alors, l'un d'entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là,
leur dit : « Vous n'y comprenez rien ;
vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu'un seul homme
meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas. »
Ce qu'il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, comme il était grand
prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir
pour la nation.
Or, ce n'était pas seulement pour la nation, c'était afin de rassembler
dans l'unité les enfants de Dieu dispersés.
A partir de ce jour-là, le grand conseil fut décidé à le faire mourir.
C'est pourquoi Jésus ne circulait plus ouvertement parmi les Juifs ; il
partit pour la région proche du désert, dans la ville d'Éphraïm où il
séjourna avec ses disciples.
Or, la Pâque des Juifs approchait, et beaucoup montèrent de la campagne à
Jérusalem pour se purifier avant la fête.
Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : «
Qu'en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! »
Les chefs des prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres :
quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu'on puisse
l'arrêter.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour

Rupert de Deutz (v.1075-1130), moine bénédictin
Commentaire de l'Evangile de saint Jean, livre 10 ; PL 169, 646 ss. (trad. En Calcat)

« Afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés »

      « Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : ' Vous
n'y comprenez rien ; vous ne voyez pas qu'il est de votre intérêt qu'un
seul homme meure pour le peuple afin d'éviter que la nation ne périsse
toute entière. ' Il ne disait pas cela de lui-même... »

      Que signifient ces derniers mots : « Il ne disait pas cela de
lui-même » sinon que Caïphe n'a pas tiré cette parole de son propre fond ?
En vérité, avant que Caïphe n'existe, déjà cette parole avait été dite : «
Jésus devait mourir pour le peuple. » Oui, cette parole avait été révélée
aux saints prophètes, elle avait même été prononcée avant que les prophètes
ne viennent au monde, avant qu'Abraham ait reçu l'existence, avant qu'Adam
ait été façonné. Cette parole était déjà dans le bon plaisir du Père
lorsqu'il a déclaré : « Faisons l'homme à notre image et à notre
ressemblance » (Gn 1,26). C'est alors qu'il a été dit que Jésus devait
mourir pour le peuple.

      Caïphe n'a donc pas dit cela de lui-même. Mais « comme il était grand
prêtre cette année-là, il fut prophète. » Et de quoi donc ?... Qu'il
fallait qu'un seul homme, un homme unique, le Saint des saints, le Soleil
de justice, Jésus Christ, meure pour le peuple, et non seulement pour le
peuple issu d'Abraham, mais encore pour tous ceux que Dieu avait destinés,
dès la création du monde, à devenir pour lui des fils (Ep 1,5). Ils avaient
été jetés hors du Paradis originel et dispersés aux quatre vents du monde ;
il fallait les rassembler de toute la masse humaine, jusqu'au dernier élu.




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